Argumentaire général

Nous le savons, les bois, les arbres et la biodiversité relative est affectée par l’urbanisation trop souvent croissante et déraisonnée. Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) est donc le pilier sur lequel nous pouvons agir grâce à l’enquête publique (maintenant clôturée) en tant que citoyens et amoureux de la nature.

Nous contestons un projet majoritairement immobilier porté sur le dernier bois urbain du bourg. Étant dorénavant classé en zone 1AU au PLU, nous contestons ce choix au zonage ainsi que l’OAP sectorielle qui en découle. Nous voulons que la propriété soit entièrement préservée et qu’elle soit classée en zone Nl, N, Np voire en EBC.

Nous ne sommes pas tant contre le projet en lui-même mais nous nous opposons pleinement à sa localisation. Nous savons que l’urbanisme ne doit plus se fonder sur des opportunismes fonciers et que le maire doit être le garant d’une logique et cohérence urbanistique, sans parler de la nécessité de faire maintenant différemment, au regard de tous les dérèglements climatiques et de la surconsommation des Espaces Naturels Agricoles et Forestiers (ENAF) qu’on a pu faire et fait toujours en l’occurrence. Le vivant doit être plus que jamais incorporé aux systèmes urbains et là, condamner le dernier bois urbain (il n’y a pas d’égal en superficie et en richesse dans l’enveloppe urbaine – on le remarque très bien rien que depuis une image satellite) ne permettrait aucun retour en arrière. La commune croît (nous allons bientôt passer les 10 000 habitants), il faut donc prendre à bras le corps les plus justes volontés avant qu’il ne soit trop tard. C’est un réel sujet d’intérêt général, d’écologie et de bien commun, dont il faut prendre conscience dès maintenant.

Notre contestation repose sur plusieurs autres points clés :

  • Le fait que ce soit le dernier bois au sein du tissu urbain constitué de la ville, qui plus est, dans le bourg. Bien que privé à ce jour, il y a une vraie attache des habitants à ce bois, qui fait l’identité forestière et l’âme de la ville (airial). Il a un couvert arboré et végétal mixte, riche dans sa diversité (chênes, frênes, pins, cèdres, magnolias…) avec de magnifiques sujets dont certains sont centenaires. Il constitue un réel écosystème, le plus riche avec la Jalle, commune sur laquelle elle prend source et qui passe à côté du bois : les deux éléments phare de la trame verte et bleue communale.
  • Le fait qu’il y ait une ZAC dans le bourg avec 550 logements prévus en parallèle de cette OAP (nous ne sommes pas contre car elle repose en grande majorité sur du réinvestissement de friches). D’ailleurs, la ZAC incluait dans son périmètre cette propriété au tout début dans la perspective où le bois serait préempté par le bailleur, préservé et rendu public pour contrebalancer la densité de la ZAC et pour préserver bien sûr un poumon en centre-ville avant de le perdre. Les choses ont malheureusement changé dans le mauvais sens. Nous devons revenir sur l’ambition initiale.
  • Le Zéro Artificialisation Nette (il faut porter plus d’ambition que de simplement respecter le quota alloué, alors que d’autres maires comme celui d’Artigues-Près-Bordeaux sont sur une juste perspective de Zéro Artificialisation Brute)
  • Les espèces protégées présentes sur site : écureuil roux, mésange bleue, grand capricorne et très sûrement d’autres (+ lotier velu sur une parcelle jouxtant la propriété concernée) : ses nombreux habitants et passants…
  • Il existe des fonciers bien plus à-même et légitimes pour supporter un tel projet (parc Omar Sahnoun, plaine des Badines…). Et encore, il y a bien d’autres façons de faire la ville (“la ville sur la ville”)… Et cela irait pleinement dans le sens de la séquence ERC avec le pan Éviter du Code de l’Environnement. Il faut donc changer de paradigme. Ce n’est pas par l’intérêt de certaines personnes uniquement que doit se “faire la ville”, surtout quand c’est pour la détruire et construire toujours de façon aseptisée…
  • Ce bois, en plus de son évident rôle écosystémique et écologique, peut avoir une valeur sociale. La commune connaît depuis fort longtemps un effet dortoir mais en parallèle, rien n’est fait pour essayer de la rendre agréable avec des espaces où se balader, se ressourcer et qui profiterait aussi indirectement au bourg. En somme, un bois apporte de la vie, tout sens confondu avec les équilibres qu’il lui faut. La majorité des communes alentours (plus grandes comme plus petites) l’ont compris avec de remarquables et essentiels bois urbains.

Sujets communs :

  • les effets du réchauffement climatique et l’impérieuse nécessité de préserver les poumons verts dans les villes pour la captation carbone, la biodiversité dans leurs écosystèmes et les îlots de fraîcheur qu’ils constituent

-> « Face aux enjeux du changement climatique, la présence des arbres constitue une solution fondée sur la nature (SFN) avérée pour lutter contre les vagues de chaleur mais aussi pour réguler le ruissellement, stabiliser les sols, favoriser la biodiversité, participer à notre cadre de vie et améliorer notre santé et notre bien-être. Leur défense est donc primordiale et il n’est jamais inutile de rappeler leurs bienfaits aux autorités locales, porteurs de projets et propriétaires privés. »

  • permet le bien-être des habitants, la santé physique comme mentale
  • a un impact positif sur le développement cognitif des enfants, en favorisant sur le long-terme leur concentration et leur rapport/sensibilité à la nature

Sujets plus « pointus » :

  • Plan Climat Air Énergie (PCAET) de la Communauté de Communes Jalle Eau Bourde

Dans ce plan, ce bois est classé « fort » pour son potentiel de séquestration carbone.

Programme d’action du PCAET :

  • Axe 4 – Action 4 : Favoriser la séquestration carbone
  • Axe 6 – Action 1 : Renforcer la résilience territoriale face aux risques climatiques
  • = – Action 2 : Réduire les îlots de chaleur et renforcer la résilience thermiuqe du territoire
  • = – Action 4 : Préserver les respirations du territoire (« La conservation des espaces naturels limite l’artificialisation et favorise la biodiversité. »)
  • = – Action 5 : Favoriser le maintien et le développement des écosystèmes locaux

Le Sysdau, le syndicat des SCoT demande à ce que les communes développent des espaces verts urbains pour faire face aux îlots de chaleur urbains et favoriser la biodiversité et leurs corridors écologiques.

Le Sysdau note dans son axe « renforcer et améliorer la résilience climatique » : « La résilience passe également par la lutte contre les îlots de chaleur urbains, amplifiés par
l’artificialisation des sols et l’utilisation de matériaux peu perméables. Préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers, véritables zones de fraîcheur et de régulation, devient une priorité. De plus, intégrer des espaces végétalisés au sein même des zones urbanisées contribue à créer des îlots de fraîcheur urbains, bénéfiques lors des vagues de chaleur, tout en améliorant la gestion des eaux pluviales.
Enfin, en cohérence avec le SCoT de l’aire métropolitaine bordelaise, les PCAETs réaffirment la nécessité de préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers. Ces milieux sont essentiels pour le stockage du carbone, l’infiltration de l’eau et la continuité des écosystèmes. Leur protection contribue à la fois à l’atténuation du changement climatique et à la préservation de la biodiversité. »

« Les espaces naturels, agricoles et forestiers jouent un rôle crucial dans la régulation thermique : leur porosité favorise l’infiltration de l’eau, leur végétation permet le piégeage de l’humidité et le rafraîchissement de l’air, contribuant ainsi à atténuer les effets du réchauffement. Pour préserver ces îlots de fraîcheur essentiels à la qualité de vie et à l’adaptation climatique, la Communauté de communes de Jalle-Eau-Bourde pourra s’appuyer sur les plus de 1 000 hectares d’espaces verts et forestiers, majoritairement composés de feuillus, déjà acquis par les collectivités locales. » Saint-Jean-d’Illac est bien en retard sur ce sujet par rapport aux deux autres communes de l’intercommunalité : Canéjan et Cestas.

Le terrain est également concerné par des remontées de nappes phréatiques.

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